Archives pour janvier 2010

Frédéric Beigbeder

Par Maxime, le 11 janvier 2010.

Si j’avais réouvert mon blog c’était à l’origine pour parler de beaucoup de choses et entre autres de Frédéric Beigbeder. La tâche, ardue et souvent repoussée, vient aujourd’hui à vous chers lecteurs (d’autre chose que de maxime.sh, je l’espère pour vous).

L’auteur ainsi que l’homme ne sont plus à présenter. Fêtard tôt et tard, provocateur à ses heures. Le personnage intrigue et n’ayant jamais lu ses romans, je m’étais décidé à lire sa bibliographie complète l’année dernière pour pouvoir m’en faire une idée plus précise. La sortie de Un roman français ajouta un dixième livre dans la foulée de ce marathon littéraire.

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C’est ainsi que j’ai d’abord fait connaissance avec Marc Marronnier, jeune parisien de vingt-quatre ans, dans Mémoires d’un jeune homme dérangé (1990). Le livre est court, et le style s’impose comme une évidence tant il colle à la peau de ce personnage semi-autobiographique. L’expression de son grand romantisme ne se fera pas attendre :

Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne pas mourir. Tout d’un coup Anne.

Les fêtes dépravées commencent aussi à faire leur apparition, et continueront de plus belle dans Vacances dans le coma (1994). Marc a alors vingt-sept ans (il y en a qui suivent, ça fait plaisir) et nous allons découvrir sa deuxième passion, après la passion elle-même. La drogue coule à flot, dans ses petits sachets pour ne pas gâcher la marchandise. L’alcool vole en éclats, dans des verres en plastique parce que sinon ça fait mal. L’immersion est totale, peut-être trop, c’est en tout cas dans cet univers que l’on plonge instantanément.

— Parce que l’amour dure trois ans.
Je trouve ça d’un chic fou.
A la longue, je me dis que ça ferait peut-être un bon titre de livre.

Il ne s’est pas gêné, le salaud. Dans L’amour dure trois ans, donc, (1997), nous retrouvons Anne et les sentiments de Marc refont surface. L’Histoire est un éternel recommencement, et son histoire est bloquée sur Repeat. A travers une histoire d’amour parfois trash mais sans pour autant de particulières extravagances, Marc nous expose ses réflexions sur l’amour, d’une justesse qui ferait presque mal à lire.

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Jean Dujardin joue Octave dans 99 Francs

Notre ami Marc Marronnier disparaît pour laisser la place à Octave, le désormais célèbre publicitaire de 99 Francs (2000). Retour dans le monde de la consommation à haut débit, accentué voire caricaturé par le milieu de la publicité dans lequel ce nouveau personnage évolue. Malgré le fait que ce ne soit pas mon livre préféré de Beigbeder, son adaptation au cinéma avec Jean Dujardin dans le rôle d’Octave est une réussite rare pour l’adaptation d’un roman en général. Il faut dire que Beigbeder s’est beaucoup impliqué dans la réalisation avec Jan Kounen. Il faut dire qu’après avoir vu son film Blueberry il y avait de quoi être soucieux.

On ne peut pas détourner un avion sans monter dedans.

Cette théorie de Gramsci des temps modernes énoncée dans 99 Francs prend une différente ampleur suite aux évènements du 11 Septembre un an plus tard. Traumatisé et parfois traumatisant, Windows on the World (2003) est selon moi son meilleur livre. Après l’immense succès de son dernier livre, tout le monde l’attendait au tournant. Il a su nous embarquer dans son demi-tour. Dans le livre, Carthew et ses deux enfants vont prendre leur petit déjeuner dans le restaurant situé en haut de la première tour du World Trade Center.

Vous connaissez la fin : tout le monde meurt.

Le style dépouillé qu’on lui connaît n’a pas disparu, le vocabulaire cru revient parfois comme des spasmes de soirées Jet Set. On n’y trouvera aucune critique des Etats Unis ou de ses services secrets, l’histoire étant ici une simple histoire d’une simple famille venant simplement mourir en haut d’un gratte-ciel. Leur épreuve est racontée minute par minute à la 24, à la différence que Jack Bauer meurt après avoir vécu des derniers instants dignes de la série Oz.

Beigbeder continue dans la diversification en proposant par la suite L’Égoïste romantique (2005). Un écrivain à moitié fictif, Oscar Dufresne (après le Marronnier, il fallait y penser), nous raconte sa vie sous la forme d’un journal intime qu’il écrira pendant un an et demi. Ce livre est de loin celui qui m’a le plus déçu, complètement déstructuré, trop long. Je ne vous conseillerais de lire celui-là que si vous aimez vraiment le style Beigbeder.

Je ne suis ni athée, ni croyant : Je suis nulle part et j’attends qu’il pleuve des filles.

Aucun doute possible : Octave est de retour pour jouer de mauvais tours aux filles de l’Est. Au secours pardon (2007) est bien la suite de 99 Francs. Le cynisme sur le monde de la mode a remplacé celui de la publicité, dans une épopée aux allures de voyage initiatique, où Octave se perd dans Moscou à la recherche de la prochaine mineure à faire tourner (et pas que pour la filmer). Le roman est plutôt réussi, et surprenant jusqu’à la fin.

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Sa dernière oeuvre, Un roman français (2009), est incontestablement la plus déroutante. Nous ayant donné l’habitude de le découvrir via ses personnages fictifs, voilà qu’il nous prend à nouveau à contre-sens, telle sa tentative de fuite policière après un rail nocturne. Une révélation à l’image des attentats du 11 Septembre, qui lui fera écrire cette fois un essai autobiographique sur son enfance, sur fond de garde à vue. Intéressant de découvrir l’humain qui se cache derrière l’auteur, parfait pour conclure cette lecture intégrale.

En 20 ans, ses livres s’épaississent et ce n’est en général pas pour me déplaire. Naviguant entre pudeur et futilité exacerbée, Frédéric Beigbeder est un parfait démonstrateur sur marchés de la culture de l’excès qui nous entoure sans que nous ne nous en rendions forcément compte. La compréhension de ce monde qui peut parfois nous dépasser est intéressante : Ce n’est pas parce que ce sont des problèmes de riches que ce ne sont pas des problèmes pour autant, et l’on sera étonné de la malsaine envie d’identification qui parfois nous envahit à la lecture de certains passages.

Votre position GPS sur votre blog

Par Maxime, le 8 janvier 2010.

Depuis quelques temps, si vous avez bien observé la barre de droite sur mon blog, j’ai ajouté ma position GPS. Bon vous en conviendrez que c’est pas forcément d’une utilité flagrante, mais c’est toujours plus sympa que de mettre sa Fan Page Facebook.

Impossible à réaliser chez soi ? Que nenni ! Grâce aux dernières technologies Web 2.0, vous allez pouvoir faire vous aussi la même chose !

Maryse, pour cela nous avons besoin des ustensiles suivants :

Screenshot 2010-01-08 10h 58m 00s.png

Je suppose que vous avez fait les prérequis et que vous disposez de toutes les clés API nécessaires. On commence hardcore, avec le script que j’intitulerai gps.php qui va récupérer votre position et l’inscrire dans un fichier quand celle-ci diffère de la précédente.

#!/usr/bin/php
<?php

/* Mettez votre clé API et changez si vous le souhaitez
   le fichier qui contiendra votre dernière position GPS */

$api_key = "";
$api_file = dirname(__FILE__)."/position";

$data = file_get_contents("http://www.instamapper.com/api?action=getPositions&key=".$api_key);
$lines = explode("\n",$data);
$infos = explode(",",$lines[1]);

if (file_exists($api_file)) {

	$data = file_get_contents($api_file);
	$curr_loc = explode("\n",$data);

} else {

	$curr_loc = array(1 => 0);

}

if ($infos[2] > $curr_loc[1]) {

	file_put_contents($api_file,$infos[3].",".$infos[4]."\n".$infos[2]);

}

?>

Rendez ensuite le fichier exécutable :

$ chmod +x gps.php

Maintenant que le script est en place, il faut lui donner une première position en installant le logiciel InstaMapper sur votre téléphone. En fonction du modèle, l’installation varie, donc je ne m’éterniserai pas là-dessus. Toutefois vous devriez avoir un écran de ce type une fois que les données sont envoyées au serveur :

IMG_0405.PNG

Retour au script gps.php. Vérifiez qu’il tourne bien en l’exécutant à la main une fois, puis faites le tourner à intervalle régulier, en crontab par exemple, toutes les heures.

Il suffit à présent d’afficher l’image via une URL Google Maps générée à partir de quelques paramètres. J’ai fait un script pour l’exemple mais ça s’adaptera assez facilement à n’importe quel site :

<?php

/* Mettez votre clé API Google Maps ci-dessous.
   Indiquez le fichier où vous avez mis votre position GPS
   ainsi que la taille de l'image GMaps que vous souhaitez
   obtenir. (LongueurxHauteur) */

$api_key = "";
$api_file = dirname(__FILE__)."/position";
$img_size = "229x170";

$data = file_get_contents($api_file);
$curr_pos = explode("\n",$data);

echo '<img src="http://maps.google.com/staticmap?center='.$curr_pos[0].'&markers='.$curr_pos[0].',smallred&zoom=13&path=rgba:0x0000ff54,weight:5|&size='.$img_size.'&key='.$api_key.'" />';

?>

Si tout se passe bien, vous devriez avoir une image comme celle qui apparaît en permanence à droite de mon blog, avec votre dernière position GPS. Evidemment il ne faut pas oublier de lancer l’application InstaMapper de temps en temps, elle ne tourne pas en tâche de fond (ce qui serait inutile, à moins de voyager très très souvent :-)).

N’achetez pas Tweetie

Par Maxime, le 7 janvier 2010.

Vous savez que j’aime bien Twitter, enfin, Twitter m’aime bien surtout, mais là n’est pas la question. Je voulais vous donner un petit conseil aujourd’hui mes chers amis, en ces temps de crise il faut savoir faire des choix. Je sais que peu d’entre vous paie ses applications, moi je les paie depuis que j’ai vaguement participé à VDM, j’avoue.

Dans tous les cas, s’il n’y avait qu’un seul logiciel que je vous recommande de ne pas acheter, c’est Tweetie for Mac.

tweetie_trap.png
L’icône est particulièrement laide, en plus. Remplaçants.

Tweetie for Mac est sorti le 20 avril 2009. Longuement attendu, la version alpha ayant même été leakée 1 semaine avant, le client Twitter a tenu toutes ses promesses : Fluidité et rapidité, touches de raccourci, graphismes à la hauteur de l’OS : C’était le client que tout le monde attendait, celui qu’Apple itself aurait pu faire.

Nous sommes le 7 janvier 2010. Rien n’a changé depuis, et c’est bien le problème.

Les mises à jour se sont résumées à des corrections de bugs ou des changements de couleur dans certains affichages. Entre temps, Twitter a considérablement évolué, ne serait-ce que par la géolocalisation des tweets ou encore les ReTweets qui sont censés maintenant passer par l’API et donc ne sont plus des tweets « ordinaires ». Ils sont du coup impossibles à voir sur Tweetie.

Pendant ce temps, son auteur @atebits a mis à jour son logiciel Tweetie for iPhone en passant à la version 2. Une version entièrement recodée qui prend en compte tous ces changements, il n’y est donc pas insensible, et nous promet une adaptation pour la version Mac (que certains ont payé au prix fort $19.95, quand même) depuis plusieurs mois. Adaptation que l’on désespère aujourd’hui de voir venir.

Je vous invite donc cordialement à pirater télécharger la version avec publicité de Tweetie for Mac, car cela reste un bon client, mais ne donnez pas d’argent à Atebits tant qu’il ne le mérite pas.

9j67.png
Maintenant, vous savez quoi lui offrir pour le motiver.

Dans le même registre, il est tout aussi honteux de vendre Twitterrific (version Mac), un logiciel qui coûte $14.95 et qui n’a pas reçu de vraie mise à jour depuis deux ans… C’est d’autant plus dommage car ce client était un leader prometteur au début de Twitter. Espérons que Tweetie for Mac ne connaîtra pas le même sort.

Un fond d’écran par jour avec Wlppr

Par Maxime, le 4 janvier 2010.

Je ne sais pas pourquoi mais à partir du moment où j’ai changé de système d’exploitation il y a un an et demi (on en revient toujours là, désolé), les fonds d’écran ont commencé à prendre de l’importance. Sûrement parce qu’avant je remplissais le bureau de fichiers, donc j’avais du mal à réaliser qu’il y avait quelque chose derrière.

Le problème qui s’est vite posé à moi était que je n’avais aucun fond d’écran particulier à mettre. Je me rappelle avoir mis Dark Vador pendant une semaine, puis j’ai cherché un site qui proposait un fond d’écran par jour. N’en trouvant pas, j’en ai créé un (réflexe très con, je sais), wlppr.com.

titre.jpg

Bon ça c’était un peu le processus de base pour avoir des fonds d’écran quotidiennement. Il fallait ensuite faire apparaître les fonds d’écran sur mon ordinateur automatiquement (je ne suis pas très manuel).

Méthode console

Ouvrez un terminal et installez un cron qui téléchargera tous les jours à 10h du matin le fond d’écran via curl, et le mettra automatiquement en fond de votre bureau via osascript :

echo '00 10 * * * /usr/bin/curl -s -o ~/Pictures/wlppr_`date '+\\%Y\\%m\\%d'`.jpg http://wlppr.com/live.jpg && /usr/bin/osascript -e "tell application \"Finder\"" -e "set desktop picture to file \"Pictures:wlppr_`date '+\\%Y\\%m\\%d'`.jpg\" of home" -e "end tell" && /bin/rm ~/Pictures/wlppr_*.jpg' > ~/wlppr_crontab && crontab ~/wlppr_crontab && rm ~/wlppr_crontab

Pour supprimer le crontab, vous n’aurez qu’à éditer le crontab utilisateur via crontab -e et supprimer la ligne correspondante.

Méthode interface

J’ai trouvé un logiciel gratuit qui s’appelle Desktop Carousel, créé à l’origine pour afficher des webcams en fond d’écran, que j’ai adapté à mon cas.

Screenshot 2010-01-04 10h 08m 50s.png

Si vous souhaitez faire pareil, voici la marche à suivre : Installez donc le logiciel, il vous mettra une liste préconfigurée et très ancienne de webcams du monde entier. On s’en fout, on veut les fonds d’écran de wlppr, donc téléchargez le fichier ci-dessous qui est un fichier liste de Desktop Carousel.

  • Télécharger wlppr.dclist
  • Liste Desktop Carousel — Taille : 4 Ko

Faites File > Import List… puis sélectionnez la liste et cliquez sur Replace. Vous avez maintenant le fond d’écran du jour automatiquement sur votre bureau. J’ai configuré à « every hour » car l’heure de mise à jour du fond d’écran sur wlppr varie entre 6h et 10h du matin, selon mon humeur :) Dernière astuce, Desktop Carousel est toujours lancé sur mon ordinateur mais n’apparaît pas dans le dock, grâce au fabuleux Dock Dodger.

L’iPhone a encore de beaux jours devant lui

Par Maxime, le 3 janvier 2010.

C’est sans aucun doute l’information high-tech de la nouvelle année, Google sort enfin son Google Phone, autrement appelé Nexus One. En organisant un habile buzz autour de son téléphone via la distribution de celui-ci à tous ses employés, Google savait parfaitement que les reviews allaient arriver avant même la conférence de presse prévue mardi 5 janvier.

Engadget s’est donc procuré sans trop de difficultés un exemplaire du fameux téléphone, et en a fait une review complètement inintéressante, le seul élément instructif de l’article étant la vidéo de l’engin, que je vous ai mise ci-dessous, donc on se retrouve après le clip.

Toujours là ? On en a perdu quelques uns. Je serais parti aussi, remarque. La démonstration de fonds d’écran qui bougent tout seuls c’est marrant une demi-seconde, et encore on l’a déjà vu partout. En revanche on peut en sortir quelques remarques intéressantes qui nous amèneront à une conclusion sans appel :

  • Le Nexus Phone n’est pas multi-touch, alors qu’Android 2 le supporte.
  • Les slides sont poussifs en comparaison avec la puissance graphique d’un iPhone.
  • Aucune mise en avant des applications, cachées dans un coin du téléphone, alors que c’est censé faire la principale puissance d’un bon smartphone.

Pour le téléphone qui se veut le fleuron du système d’exploitation Android, je crois que c’est raté. On a toujours l’impression d’un produit presque fini, mais quand même pas fini. Pour un prix qui devrait être équivalent à celui de l’iPhone, c’est risqué.

im-an-iphone.jpg

Il n’y avait qu’Apple qui pouvait se permettre de sortir un produit à peine fini au niveau des fonctionnalités (à savoir l’iPhone première génération) car c’était le premier téléphone du genre. A ce niveau de la compétition, un concurrent se doit de sortir un produit parfait dès la première version, et si même Google n’y arrive pas, on est mal barrés les amis.

PS : Tant qu’on y est, toutes mes félicitations à Palm qui a dépassé les 1000 applications sur son store, plus que 99 000 et l’App Store aura peur pour ses fesses :)